21.08.2007
Compagnons en droit
A mi-chemin entre l'article et le billet de blog, on trouve pour les juristes de plus en plus de suppléments en ligne, équivalent des "Companions in ..." qui existent en sciences dures. Y sont généralement regroupés des commentaires, des mini essais, des questions/ réponses autour de thèmes d'actualité juridique, qui émanent d'étudiants avancés, d'enseignants, de professionnels du droit. Ce sont souvent des lieux d'échanges sur des questions pointues ou de débats sur des sujets "chauds", qui utilisent la réactivité d'internet tout en suivant un minimum de ligne éditoriale.
Ken Strutin a décidé dans le post "Guide to Short Form Open Access Legal Publications" sur LLRX de les suivre et de les lister, en attendant qu'ils soient un jour intégrés dans les outils d'indexation commerciaux. Thanks Ken !
[crédit photo : tajai]
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15.03.2007
Biblio-tendances de printemps 2007
Michael Stephens a posté il y a quelques temps ses "10 tendances pour les bibliothécaires en 2007", dont je vous livre ici un résumé :
- Conversation : le web 2.0 est une affaire d'échange et de participation à la conversation globale, le bibliothécaire doit trouver les moyens de participer, et de permettre aux usagers de s'exprimer dans son univers
- Convergence : la multiplication des outils de communication et des modes de diffusion doit être prise en compte par la bibliothèque, dont les contenus doivent être adaptés, notamment aux mobiles et autres i-phones
- Contenus : la bibliothèque pourrait proposer un espace pour les contenus créés par les utilisateurs ; il cite YouTube, mais dans une logique universitaire on pourrait extrapôler aux plateformes d'archives ouvertes
- Redéfinition des emplois en SIB : il s'agit de prendre en compte les nouvelles technologies dans les missions de la bibliothèque, ce qui doit se refléter dans les profils de poste : Responsable des technologies émergentes, Chargé de la stratégie numérique... L'accès est mis sur les compétences créatives et l'innovation.
- Journalisme citoyen : les utilisateurs partagent leurs expériences (bonnes ou mauvaises) de la bibliothèque sur leurs blogs, leur compte Flickr, YouTube, etc ; aux bibliothèques d'entrer dans le dialogue sur ces espaces.
- Humanisation : le bibliothécaire est une personne ! ;-)
- Ouverture et partage : la transparence bénéficie aussi bien aux bibliothécaires (qui communiquent mieux) qu'aux utilisateurs (qui financent les bibliothèques par ailleurs)
- Participation : la bibliothèque a tout intérêt à gérer sa présence en ligne, en étant là où ses utilisateurs vont, et en autorisant l'échange sur son propre espace web.
- Expérience : le bibliothécaire doit tester les nouveaux outils utilisés par les publics de la bibliothèque ; Second Life ou YouTube, c'est bien de savoir ce que c'est, expérimenter en vrai, c'est mieux (et en plus ça peut être marrant).
Au final son mot d'ordre c'est :
S'adapter au changement
Scruter l'horizon
Beau programme !
[crédit photo : M. Stephens himself]
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07.08.2006
Ca YouTube chez vous ?
Un site qui monte, qui monte : YouTube, le site d'hébergement de vidéos créées par tout un chacun. Bibliothèques et bibliothécaires y sont présents, de multiples façons (2222 résultats pour le tag library ce jour) :
- vus avec humour : Super Librarian, Conan the librarian, Mr Bean at the library
- plus professionnellement :
- des vidéos de présentation du métier de bibliothécaire (librarian, library assistant, library technician)
- I'm a librarian, une vidéo pour lutter contre les stéréotypes attachés au métier de bibliothécaire par vonjobi (The filipino librarian)
Par ailleurs Brian Matthews (The ubiquitous librarian) utilise YouTube comme un outil de formation à destination de ses usagers : il a ainsi monté plusieurs tutoriels pour apprendre à utiliser les bases de données que sa bibliothèque universitaire propose aux étudiants en ingéniérie, en informatique, etc. Il nous montre encore une fois qu'il est important que la bibliothèque s'intègre dans l'environnement de travail, mais pas uniquement : la présence de la bibliothèque dans l'environnement global de l'utilisateur, sur les réseaux sociaux type MySpace par exemple (article d'Mlive sur le sujet), peut contribuer non seulement à modifier l'image de la bibliothèque dans l'esprit de l'utilisateur, mais aussi l'amener à se tourner de façon plus automatique vers la bibliothèque pour ses recherches, à développer un genre de 'réflexe bibliothèque'. Enfin, il me semble.
10:50 Publié dans Choses en 2.0 , Initiatives à suivre , tendances | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29.07.2006
Alerte sur les logiciels sociaux
La biblioblogosphère US (ici, ici, et aussi ici, entre autres) commente largement ces jours-ci l'actualité législative : en effet, le projet de loi sur la "suppression des prédateurs numériques" (DOPA, Deleting Online Predators Act), vient d'être voté par les députés par 415 votes contre 10. Il doit maintenant passer au Sénat, mais il y a peu à espérer de ce côté là...
Mais de quoi s'agit-il au juste ? Et bien le DOPA est une mesure qui, dans le but louable de protéger les mineurs des mauvaises rencontres sur internet, obligerait les écoles et les bibliothèques américaines qui bénéficient d'un financement fédéral spécifique ("e-rate"), à bloquer l'accès aux sites de chat et à la plupart des logiciels sociaux pour pouvoir continuer à le recevoir.
Par logiciels sociaux, le législateur entend :
- délivrés par un fournisseur commercial
- permettant à des utilisateurs enregistrés de se créer un profil comprenant des information personnelles détaillées
- permettant à des utilisateurs enregistrés de se créer un journal en ligne et de le partager avec d'autres utilisateurs
- permettant d'obtenir des informations personnalisées sur les utilisateurs extrèmement précises
- permettant de communiquer entre utilisateurs
Ce qui s'applique, en gros, à tous les Flickr, Amazon, MySpace, les plateformes de blog,... Et, par ricochet, aux services qui appliquent les fonctionnalités si populaires des sites commerciaux dans d'autres domaines, comme OpenWorldCat d'OCLC, par exemple.
Au lieu de mettre l'accent sur l'éducation à l'information, sur la formation à la culture du réseau, sur la sensibilisation des utilisateurs (et pas seulement des mineurs) à un "safe surf", une navigation sur internet "protégée", on préfère nier le problème en tentant de bloquer les accès pour tous les utilisateurs potentiels. Comme si ces sites n'étaient pas accessibles par ailleurs, dans les cybercafés, à la maison, ... Comme si les systèmes de filtrages d'internet étaient réellement performants...
Cette méconnaissance des usages et des pratiques du réseau me fait penser, comme c'est bizarre, à la loi DADVSI, qui vient de sortir du Conseil Constitutionnel encore plus répressive qu'avant d'y être entrée...
10:47 Publié dans tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
04.07.2006
Une carte des livres en chiffres
Un "library mashup" commercial pas inintéressant : le Normative Data Project a pour objectif de compiler toute une série de données sur la circulation des documents dans les bibliothèques d'Amérique du nord, de les relier à des diverses données notamment géographiques, pour en faire de bien jolis tableaux de bord.
Les partenaires à l'initiative du projet sont Sirsi-Dynix, et un département de recherche de l'Université de Floride. Le service est accessible sur abonnement, les rapports sont payants ; une bonne centaine de bibliothèques publiques contribue au projet. Et il y a un blog.
07:25 Publié dans Choses en 2.0 , e-valuation , tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.01.2006
Des services et des collections
En amont de la conférence biannuelle de la LITA, les Top Technology Trends sont annoncés et discutés via le LITA blog. Ce post d'Eric Morgan met l'accent sur une tendance à mon avis moins technologique qu'organisationnelle, mais d'importance : un recentrage sur les services liés aux collections. Extraits :
"Que font les gens des données et des informations une fois qu'ils les ont obtenues ? Les réponses ne sont pas difficiles à imaginer. Ils les lisent. Ils les rangent. Ils les organisent. Ils les annotent. Ils les font partager à leurs amis et à leurs collègues. Ils les effacent. Ils les modifient. Ils les sauvegardent pour une utilisation ultérieure. Ils les impriment. Ils les intègrent au reste de leurs activités. Ils les comparent à d'autres données et à d'autres informations. Ils les valident. Et ainsi de suite. Tout ça pourrait être appelé des services appliqués à leurs collections. Certains de ces services sont des extensions naturelles de la bibliothéconomie traditionnelle."
Ce qui colle à mon avis assez bien à la logique de Library 2.0, si j'ai bien compris : des services plus centrés sur les utilisateurs, en essayant de tirer parti le plus possible des outils collaboratifs du web 2.0, qui permettent en théorie de rendre ces services de façon simple pour l'utilisateur comme pour le "fournisseur".
Il y a donc des opportunités de croissance pour la profession des bibliothécaires - la création et la maintenance de services d'information. Alors que de plus en plus de gens ont accès à l'information, et que de plus en plus de gens peuvent transporter des quantités conséquentes d'information sur leur clés usb ou leurs ipods, le problème n'est plus tellement celui de l'accès aux collections. Les collections sont facilement accessibles, surtout une fois numérisées. Pensez à Google Print. Le problème devient plutôt "que faire avec l'information pour réaliser mon travail ?".
Le bibliothécaire doit ajouter une autre corde à son arc : la création de contenus, voire d'outils méthodologiques.
Le nombre d'institutions ressemblant à des bibliothèques qui fournissent des services ressemblant à ceux des bibliothèques étant croissant, il est important que les bibliothèques se démarquent. Les bibliothèques doivent s'adapter à l'environnement mouvant de l'information en réseau, ainsi qu'aux attentes elles aussi mouvantes de leurs usagers. Les bibliothèques doivent aller au-delà de la création et de la gestion des collections. Tout le monde créé des collections. Tout le monde a des collections. Tout le monde fournit des accès à des collections. Les collections abondent. La fourniture de services appliqués aux collections garantit l'utilité des collections. Il y a là un besoin qui doit être comblé, et en s'appuyant sur le savoir de la profession en matière de collection, d'organisation, de conservation, et de diffusion d'une information centralisée, je pense que nous pouvons découvrir, améliorer et implémenter ces processus en direction des collections des individus.
Ce qui va dans le sens d'une nécessaire réévaluation de la répartition des tâches du bibliothécaire, avec une augmentation sensible de la part consacrée à la formation des utilisateurs. Et d'une approche plus marketing de la bibliothèque.
19:40 Publié dans tendances | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

