24.04.2008

Diffusion ou infusion ?

8b9dce218f1359ab1ed380d3e8ee0f37.jpg"Actuellement, mon hypothèse est que les bibliothécaires ont 2 façons d'acquérir des savoirs professionnels : soit par diffusion occasionnelle, soit par infusion continue. Je suis une inconditionnelle de la méthode de l'infusion continue. Je lis de la littérature professionnelle chaque jour, des biblioblogs et des blogs techniques et des revues en ligne et des rapports et des compte-rendus de conférences et tout ce que vous voulez. Je ne lis pas au hasard, je ne peux pas me le permettre. Je ne lis pas certaines personnes de mon propre domaine, souvent parce que leur lecture fait monter ma tension pour rien. Parfois je balance des rapports une fois que l'ai lu la fin du résumé ; ça ne vaut pas la peine. Parfois c'est tellement mauvais que je ne peux que jurer intérieurement et passer à autre chose. Et même comme ça, tous les jours je lis quelquechose. Quoi que ce soit.
Mes habitudes de lecture ne sont pas parfaites, la plupart de la "littérature" m'échappe. Cela allait mieux quand je faisais de la formation à l'automne dernier, parce que les cours avaient lieu dans la bibliothèque de l'école des sciences de l'information et des bibliothèques, et que j'étais à proximité immédiate des nouvelles revues au format papier. Cela irait mieux si plus de revues en SIB proposaient leurs sommaires par fils rss ; je fais l'effort de creuser un peu les infos qui me paraissent intéressantes une fois que j'en ai eu connaissance. Pour être honnête cependant, la plus grande partie de ma veille professionnelle se passe dans mon agrégateur Bloglines ces jours ci.
Quand même. Chaque jour. Chaque jour je lis quelquechose.
J'ai le sentiment que bon nombre de mes collègues préfèrent la méthode de la diffusion occasionnelle : vous allez à une conférence ou à un atelier ou à n'importe quelle sorte de réunion. Vous recevez ce que l'on vous dispense par à coups concentrés. Vous ramenez ce que vous avez appris. Vous reprenez votre travail et vous laissez filer, parce que vous êtes trop occupé pour lire, jusqu'à la prochaine conférence.
Je suppose que ça doit très bien marcher pour eux. C'est juste que je ne peux pas, vraiment pas, imaginer de fonctionner comme ça moi même. J'aurai l'impression d'avoir perdu la vue ou l'ouïe."

Dorothea Salo, à propos des bibliothécaires qui n'ont jamais le temps de faire de la veille professionnelle.
[photo : drauh]

07.03.2008

Formation première

0835a958a1a78762c50487e309f501cb.jpg"Quand j'étais à l'école des bibliothécaires, j'ai appris à mener un entretien de référence, bien que je n'ai jamais eu l'intention de faire du service de référence.
Quand j'étais à l'école des bibliothécaires, j'ai appris les bases du MARC, bien que je n'ai jamais eu l'intention d'être un catalogueur.
Quand j'étais à l'école des bibliothécaires, j'ai appris ce que c'était qu'un instrument de recherche, bien que je n'ai jamais eu l'intention d'être un archiviste.
Quand j'étais à l'école des bibliothécaires, j'ai appris les bases de la gestion et du budget, bien que (à ce moment-là du moins) je ne pensais pas que je finirais par faire de la gestion de bibliothèque.
C'est juste le reflet de la réalité d'une profession avec de multiples spécialisations. Vous apprenez les bases de choses que vous n'utiliserez jamais. Pas de problème avec ça, et pas besoin de discours idéologique sur "le coeur du métier" pour justifier cela. Le fait que "ce sont des choses que font les bibliothécaires" suffit.
8efdabda605ce8d1f7835141dce8537d.jpgQuand j'étais à l'école des bibliothécaires, on ne m'a pas appris à faire tourner un serveur. On ne m'a pas appris comment évaluer des logiciels et du matériel pour pouvoir en acheter. On ne m'a pas appris quelles lois s'appliquaient pour les usagers et pour les ordinateurs. On ne m'a rien appris sur la numérisation. On ne m'a pas appris à créer une page web, et encore moins à programmer.
A croire que ce ne sont pas des choses que font les bibliothécaires. A croire que je ne suis pas une bibliothécaire ?"


C'est juste un petit extrait d'un récent post de Dorothea Salo sur Caveat Lector (à lire en entier), qui plaide pour la reconnaissance des compétences informatiques dans le métier et des spécificités des bibliothécaires système (des bibliothécaires électroniques, appellez-les comme vous voulez).

Et bien sûr je ne peux qu'approuver, étant actuellement "à l'école des bibliothécaires" : je confirme, on apprend toujours le MARC, la Dewey, Rameau.
A faire tourner un serveur ? A faire un cahier des charges ? A parler le XML couramment ? Ou bien, pour sortir des pratiques techno-centrées, à monter et animer une séquence de formation ? A concevoir une campagne de communication ? A analyser des statistiques ? Non. Toujours pas.
[Photos : American libraries]

28.01.2008

Invitez-moi si...

7e03af6eee073aabe30801dc4246e963.jpg... si votre journée d'étude porte sur des applications concrètes des outils web 2.0 : animer un atelier sur les wikis, montrer comment on monte un blog, comment on se sert de del.icio.us etc...
... si votre table ronde a un lien avec mes domaines de prédilection (la doc électronique (au sens large), les outils 2.0...)
... si votre table ronde en est vraiment une, et pas une succession de présentations .ppt commentées à toute vitesse :-(
... si vous avez prévu de me payer (un peu) : les frais de transport et d'hébergement, c'est un minimum :-)
Ben oui, j'ai reçu les mêmes invitations que nicomo...
[Photo : Juju T]

17.10.2007

Bibliocompétences en BU

ce6dd012c27f4e73c09a5f1a12ddc17f.jpgVu sur Rose's library, une autre liste de compétences pour les bibliothécaires de BU (ce qui me semble se rapprocher le plus de "research librarians") ; j'y remarque plus particulièrement :
• Pouvoir aider les utilisateurs à se tenir à jour, par exemple avec les fils rss (Help with updating services eg RSS feeds etc)
• Pouvoir fournir des tutoriels en ligne sur tous les aspects de la production des thèses (Provides online tutorials on every aspect of thesis production)
• Soutenir l'OA (Supports open access)
• Etre pro-actif dans les archives ouvertes, savoir comment moissonner les ressources en ligne (Actively involved in institutional repositories; find ways of ‘harvesting e-resources')
Ce ne sont pas des compétences que nous avions listé dans les pré-requis pour un bibliothecaire 2.0 (sauf pour rss), mais elle pourraient y figurer, il me semble.
[crédit photo : Vidiot]

13.09.2007

Second life pour le web de l'Enssib

Tiens, l'Enssib a mis en ligne son nouveau site web ! Nouvelle charte graphique, couleurs sobres qui font "pro" (pour des tons plus "funky", rassurez-vous, Formist n'a pas changé ;-)), plus de photos, et même 3 fils rss (dont celui du tour de toile, normal) ! Le reste de l'attirail 2.0 n'a pas encore pointé son nez, mais quelquechose me dit que ça viendra...

04.09.2007

Second life vs Quart monde

db1a8bcd999e7d87b9bcb1d26b3ab2db.jpg"J'ai du mal à croire que des bibliothécaire jeunesse aient du temps pour servir des usagers virtuels. Ceux qui ont du temps de libre ont toujours la possibilité d'aider des enfants dans le cadre de Big Brothers Big Sisters [une association d'aide à la petite enfance], d'aller faire la lecture dans l'école du coin, de choisir des livres pour le centre de détention juvénile, d'aller faire du bénévolat pour une bibliothèque scolaire en sous-effectif, de collecter de l'argent pour First Book [une association qui fournit des livres aux enfants de familles défavorisées], ou d'aller faire la lecture dans un foyer pour femmes. Toutes ces activités auraient un impact bien plus important sur l'alphabétisation. Elles pourraient même, en fait, changer la vie de ces gens, au lieu de ne fournir qu'un divertissement."
Charlotte Glover, bibliothécaire de la Ketchikan Public Library (Alaska), à propos de Second Life.
Cet extrait de son courrier à la revue American Libraries est commenté par John Gehner sur la liste PUBLIB comme suit :
"L'an dernier, la pauvreté a augmenté dans 85% des comtés de l'Illinois. Je n'ai pas encore comparé avec les 49 autres états. Mais il est parfois décevant de penser que quelques uns des meilleurs professionnels de l'information consacrent leurs talents considérables aux habitants d'un monde virtuel basé sur les loisirs, plutôt qu'au monde réel, plein de millions de gens luttant pour une vie meilleure chaque jour.
Je suis reconnaissant à Jessamyn West et à d'autres de nous recentrer sur la réalité de la fracture numérique.
Dans ma bibliothèque, nous proposons un espace numérique et des connexions wi-fi. Les usagers qui peuvent se payer des portables apprécient les accès wi-fi illimités et les téléchargements rapides.
Les usagers qui ne peuvent pas se payer de portable sont limités à une heure d'accès internet par jour, avec 2 sessions supplémentaires de 15 minutes quand l'espace numérique n'est pas trop plein, et sont restreints pour la bande passante (qu'ils partagent simultanément avec le personnel et les autres usagers) quand il est surchargé.
Il y en a toujours pour insister sur le fait que ce n'est pas à nous de rectifier cette sorte d'inégalité, et arguer que n'importe qui peut obtenir ce qu'il ou elle veut en travaillant un peu plus, en y mettant du sien. Mais des preuves criantes suggèrent qu'il en va autrement."
Lire l'intégralité du post.
[crédit photo : brewbooks]

28.05.2007

Les bloggueurs dégagés

medium_270985698_a01eeb6299_o.jpgDans cet article d'Inside higher education, Steven Bell trouve que la biblioblogosphère est finalement bien consensuelle et polie, et qu'on est loin de l'espace de débat pourtant vendu par les tenants du 2.0. Pas de critiques, peu de discussions, sinon dans quelques commentaires - qui ont forcément moins d'audience que les posts -, une large part de recommendations de lecture de tel ou tel post "remarquable" : voilà à quoi se résume le monde des blogs de bibliothécaires, d'après l'auteur. Pas qu'il n'y ait pas de sujets à controverse : l'article du Library Journal dans lequel Michael Gorman affichait son peu d'estime pour les blogs et les bloggueurs a effectivement soulevé un tollé dans le microcosme bibliobloguesque. Mais personne n'a pris sa défense, ou tenté de présenter une position différente de celle des bloggueurs furibards. Pareil pour le concept de "bibliothèque 2.0" : les quelques gentilles réserves qui ont été émises ont été vite supplantées par les défenseurs du phénomène, sans qu'il y ait de réel échange sur un sujet qui aurait largement mérité d'être un peu plus creusé. Bell pense que ce manque d'engagement général provient du complexe d'infériorité des SIB par rapport aux autres disciplines, entre autres.
Donc, contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'apathie bienveillante de la biblioblogosphère francophone n'est pas une exception... ;-)
[crédit photo]

22.05.2007

Mystère au Ministère ?

medium_506389433_c9134414a6_m.jpgEn allant par hasard sur le site de l'ENSSIB, je tombe sur une brève datée du 16/05 m'informant du report des épreuves écrites du concours de conservateur, prévues les 31 mai et 1er juin prochains. Bon, ça tombe bien, j'attendais la paye pour pouvoir prendre mon billet SNCF ;-), mais visiblement ce n'est pas le cas de nombre de candidats, qui ont acheté des billets prem's non remboursables, si j'en crois le courrier adressé par le syndicat SNASUB à la toute nouvelle Ministre de l'Enseignement Supérieur, dont je viens de recevoir une copie par courriel. En dehors d'une interrogation légitime sur les raisons de l'annulation d'un concours 15 jours avant les épreuves (tonte du mammouth avant l'été ?), tout cela m'inspire 2 réflexions :
- comment un syndicat peut-il avoir connaissance de la liste des candidats d'un concours, ainsi que de leurs adresses mail ? il me manque un élément, là, si quelqu'un a une info, merci de la mettre en commentaire.
- la prochaine fois, j'espère que ledit syndicat voudra bien envoyer son message "proprement", c'est à dire sans afficher la liste complète des destinataires à tous les destinataires (là bonjour la confidentialité, le spam potentiel, etc...)
[crédit photo]
Update du soir : J'ai finalement reçu un courrier de l'ENSSIB m'annonçant le report des épreuves pour des "raisons techniques". D'autres ont réagi sur biblio-fr. Et l'émetteur du courriel "syndical" s'est excusé, il ne voulait pas spammer, juste informer (ça ne nous dit toujours pas comment il a eu les adresses mail, mais bon, l'intention était bonne).
Update du 24/05/07 : Le mystère est résolu : c'est en fait l'Enssib qui a envoyé un mail à tous les candidats en affichant la longue liste de destinataires "en clair". Nous avons là un bel exemple des risques à envoyer un message sans utiliser la fonction "copie cachée" ; toutes les adresses peuvent ainsi être récupérées par n'importe quel destinaire et utilisées à d'autres fins.

16.04.2007

Je suis une biblioblogueuse pragmatique

medium_92697433_aa5c016a77_m.jpg"Le modèle du biblioblogueur pragmatique désigne de multiples types de bibliothécaires qui partagent des envies similaires : commenter, connecter, créer de la communauté. Le biblioblogueur pragmatique est un bibliothécaire qui écrit un blog professionnel ouvert au delà du cadre de sa propre activité professionnelle pour trouver, partager et proposer trouvailles et conseils au reste de la communauté professionnelle. Constamment en veille grâce aux technologies informatiques continues, le biblioblogueur pragmatique cherche à redéfinir les services de la bibliothèque à l'ère des technologies avancées. Le biblioblogueur pragmatique ouvre les commentaires et s'engage avec les autres blogueurs dans la discussion et l'observation de l'actualité, des nouvelles technologies et de la profession [de l'info-doc] avec un but commun : améliorer les bibliothèques."
Michael Stephens, sur Tame the web et ALA Techsource blog : le biblioblogueur est le sujet de son prochain mémoire.

15.02.2007

Combien ça coûte ?

medium_172753337_aef56ac6d0_m.jpgDites, vous savez combien ça coûte, de faire intervenir un professionnel des bibliothèques dans une conférence américaine ? Dans le n° de février de Cites & Insights, Walt Crawford nous dit que lui, il prend dans les 1500$, déplacement, hébergement et repas en +. Il évoque une enquête menée il y a quelques temps par Rachel Gordon Singer sur les tarifs pratiqués dans le milieu. Selon le genre de manifestation, le tarif des prestations varie entre 240$ et 1100$, pour ceux qui se font payer, ce qui n'est pas la règle : entre un et deux tiers des intervenants (selon le type de manifestation) se produisent gratuitement. Et vous, c'est combien ? ;-)

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