10.03.2008

Closed access pour l'ACS

a33926119ba6c7b364daf6778f1fc174.jpgL'American Chemical Society est la société savante de référence de la recherche en chimie (active depuis 1876). Pour ses plus de 160 000 membres, elle organise des congrès, édite des ouvrages et une trentaine de revues scientifiques de haut niveau. Elle produit les Chemical Abstracts : il s'agit au départ d'un index de la littérature scientifique, auquel s'ajoute un ensemble d'outils (SciFinder Scholar) et de bases de données spécialisés, notamment le CAS registry, une base de substances chimiques qui fournit à chaque substance un numéro unique d'identification - une sorte d'ISBN ;-) - largement utilisé par les différents acteurs de la recherche en chimie (plus de 1300 institutions y sont abonnées).
L'ACS est par ailleurs une entreprise florissante, qui représente un chiffre d'affaires de 121 millions de dollars (je ne suis pas bien sûre que ce soit le CA, et j'ai du mal avec les millions, corrigez-moi dans les commentaires) et emploie près de 2000 personnes un peu partout dans le monde.
L'ACS se distingue aussi parce que c'est un éditeur "blanc", selon la terminologie Romeo/Sherpa, c'est à dire un éditeur qui, soit ne s'est pas prononcé par rapport à l'Open Access, soit s'est prononcé contre, et donc n'autorise pas, par exemple, les auteurs à déposer leurs pre- ou post-prints dans des archives institutionnelles ouvertes.
a1b3f2820984561d9e2ea42ef99912d2.jpgPas vraiment étonnant, donc, que la société refuse que les données du CAS registry soient utilisées pour alimenter les données chimiques de plus en plus nombreuses que l'on trouve sur le portail de la chimie de Wikipedia : ces numéros sont protégés par le copyright. Pour donner un ordre d'idées, le registry référence 27 millions de substances, on en trouve 1000 à 2000 sur wikipedia... Ce n'est pas une raison, certes ! Mais ce type de restriction va à l'encontre du mouvement de libération des données pour une plus grande dissémination de la recherche scientifique qui semble prendre chez certains chercheurs, notamment en chimie (voir par exemple l'Open Access Organic Dictionnary, dictionnaire spécialisé à utiliser avec votre traitement de textes préféré).
Certains d'ailleurs appellent au boycott pur et simple du registry, et proposent d'utiliser les identifiants de la base libre PubChem, qui, en référençant plus de 20 millions de substances, est désormais une alternative crédible (et compatible avec les directives de dépôt des NIH, ce qui est un atout).

[via OAN] - [photos : D.Miss(terre), most uncool]

22.03.2007

Pas de SAE au MIT

medium_419431744_16553575a7.jpgOu quand à la crise des périodiques s'ajoute la lutte anti-DRM : en effet, les bibliothèques du MIT viennent de supprimer leur abonnement à la base de données de la Society of Automotive Engineers, qui oblige les utilisateurs à installer un plug-in de gestion des DRM pour pouvoir consulter les documents. Interrogés par des profs et des bibliothécaires, les représentants de la SAE justifient la mise en place de cette mesure technique par la protection de leur droits de propriété intellectuelle, justification que les enseignants du MIT qui publient leurs travaux dans cette base ont du mal à avaler : "Si la SAE limite la diffusion de nos travaux et les rend plus difficile d'accès, les enseignants choisiront de publier ailleurs", selon un professeur d'aéronautique du MIT.
[vu sur OAN][crédit photo : miryorama]

04.07.2006

Quand Richard rencontre Ségo

"En consacrant juridiquement les restrictions numériques (DRM), le projet de loi « droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information » (DADVSI) va dans la mauvaise direction. Il faudra donc remettre à plat le cadre juridique créé par la loi DAVDSI au niveau français et contribuer à l'élaboration d'un cadre juridique européen et international plus favorable à la circulation des oeuvres et des connaissances."
C'est signé Ségolène Royal et Richard Stallman, qui se sont rencontrés le 28 juin dernier à Paris. [Lire le communiqué de presse ou sa traduction].
Pour mémoire, Richard Stallman, qui n'est quand même pas n'importe qui, s'est fait refouler de Matignon quand il a voulu rencontrer le 1er ministre et lui porter la pétition contre la loi DADVSI (+ de 165000 signatures).

25.02.2006

A big mistake

"Nous avons certainement étendu la durée [du copyright] peut-être -- et même pas peut-être, d'ailleurs -- de manière excessive. Je pense que c'est trop long. Je pense que c'était sans doute une grosse erreur, mais que le Congrès pouvait faire."
Mary-Beth Peters, chef du bureau américain du copyright, lors d'une conférence sur la propriété intellectuelle, la créativité et l'innovation organisée par l'University of North California.

[via Boing Boing]