21.10.2009

OA week : l'exemple d'E-LIS

vert_ban_add_120x240.jpgSuite de la semaine de l'Open Access, avec une présentation d'E-LIS.

E-LIS est une archive ouverte thématique dédiée aux sciences de l'information et des bibliothèques, créée en 2003. Elle est maintenue et mise à jour par une équipe internationale de volontaires, constituée d'une soixantaine de bibliothécaires ; ceux-ci (les éditeurs) vérifient les métadonnées des documents soumis par les auteurs et valident les dépôts.
E-LIS fait partie du projet de recherche RCLIS (Research in Computing, Library and Information Science), qui vise à recenser et à disséminer le plus largement possible la production de recherche dans le domaine des sciences de l'information et des bibliothèques. Techniquement, l'archive est hébergée par l'AEPIC (Advanced e-Publishing Infrastructures - CILEA), service du CILEA, un consortium d'universités italiennes fortement impliqué dans le libre accès. L'AEPIC est également l'opérateur de l'archive ouverte italienne PLEIADI.

E-LIS oeuvre également à la promotion de l'Open Access auprès des bibliothécaires par la participation de ses volontaires à de nombreuses manifestations professionnelles (au moins une trentaine de conférences et journées d'études en 2009).

Des contenus

L'archive accepte des documents scientifiques ou techniques, relevant des disciplines des sciences de l'information et des bibliothèques, publiés ou non, finalisés, pouvant être communiqués. Les documents déposés sont principalement des articles (plus de la moitié), mais également des présentations, des communications, des posters, des thèses. Plus de la moitié de ces documents a fait l'objet d'une validation par les pairs. La classification utilisée par l'archive, JITA, est spécifique aux sciences de l'information et des bibliothèques.

De la technique
L'archive est construite avec le logiciel open source GNU E-prints, qui utilise nativement le protocole OAI, ce qui la rend moissonnable par de nombreux moteurs de recherche (généralistes comme spécialisés).

Des chiffres

En octobre 2009, l'archive héberge plus de 9600 documents en 37 langues, provenant de 5600 auteurs. Les plus gros contributeurs sont l'Espagne, l'Italie (plus de 1000 documents), les Etats-Unis, l'Inde et Cuba (entre 500 et 1000 docs), le Royaume-Uni, la Grèce, le Mexique, l'Allemagne et le Canada (entre 300 et 500 docs).

Les statistiques de consultation, plutôt en hausse régulière depuis 2005, semblent marquer le pas, du moins en ce qui concerne le nombre d'abstracts et de documents téléchargés ; elles sont cependant à prendre avec précaution : je ne sais pas dans quelle mesure le changement de plateforme technique qui a eu lieu fin 2008 n'a pas affecté les chiffres sur les usages.

De la participation

La participation francophone à l'archive est assez faible (données octobre 2009) :

- on recense 131 documents en langue française : 54 provenant de Suisse, 41 de France, 11 de Belgique, 8 d'Argentine, 7 du Canada, 3 du Maroc , 8 d'autres pays européens.

- 85 documents proviennent de France (et oui, les auteurs français publient aussi en anglais) ; comme je le rappelais dans ce billet, certaines revues professionnelles autorisent l'auto-archivage, qui ne prend pas plus de 10 minutes sur E-LIS, il ne faut pas hésiter à se lancer.

D'ailleurs la participation est en hausse : j'ai édité pour la catégorie France 7 documents en 2008, 11 en 2009 - j'espère que vous serez encore plus nombreux en 2010 ! ;-)

19.10.2009

OA week : sélection de lectures

vert_ban_add_120x240.jpgCa vous aura peut-être échappé, tant le sujet est finalement assez ignoré en France*, mais c'est la semaine de l'Open Access. Marlene's corner s'y associe, et vous propose, pour commencer, cette petite sélection de documents consacrés à l'OA :

- Open Access Resources, Services, and More par Andrew Waller

- Open Access Dissemination Challenges: A Case Study par Young Philip

- Open Access (OA) immersion: librarians report from the field par A. Waller et Leah Vanderjagt

- Open access e-books par Jennifer Dekker

- Open Access. Chapter 6 of Scholarly Communication for Librarians par Heather Morrison

- Libre Accès à la recherche scientifique (Open Access) et dépôts institutionnels : contexte et enjeux par Kumiko Vezina

- Le coût du libre accès dans le cas du modèle hybride par Caroline Collette

- Une plus grande portée pour vos recherches par l'association CARL

- L' « Open Access », pour une réelle liberté de la communication scientifique : état des lieux et problématiques par Christian Gérini

- It’s a Repository, it’s a Depository, it’s an Archive...: Open Access, Digital Collections and Value par Jean-Claude Guédon

* à l'exception notable de l'IFREMER, qui est le seul organisme participant à l'OA week en France recensé sur le wiki de l'opération, bravo l'Ifremer !

Bref, de l'Open Access au menu tous les jours cette semaine !

24.09.2009

Une huître dans une botte de foin

3813189585_713dac4684_m.jpgEn janvier dernier, l'Université du Michigan, à l'origine du projet OAIster, passait la main à OCLC, qui s'est alors engagé à maintenir un accès libre à cet outil (qui moissonne les archives OAI du monde entier et en fait un outil de diffusion de premier ordre pour les contenus en libre accès). Or OCLC vient d'annoncer les prochaines étapes de la migration d'OAIster aux responsables d'archives ouvertes, dans un mél qui en a contrarié plus d'un : à partir d'octobre prochain, OAIster sera interrogeable soit depuis Firstsearch (une base de données payante d'OCLC), soit depuis Worldcat (l'équivalent du Sudoc pour l'ensemble des bibliothèques publiques, gratuit, piloté aussi par OCLC). Ce qui soulève plusieurs problèmes :

- Les archives ouvertes fonctionnent généralement selon les principes de l'open access (pas de barrière économique, ni technique, ni juridique) : on comprend que les auteurs et/ou les responsables ne soient pas d'accord pour que leurs données soient exploitées dans le cadre d'un abonnement payant, ni soumises aux conditions d'utilisation des données (les "Terms and conditions") proposées par OCLC.

- A priori seuls les clients de Firstsearch pourront interroger OAIster de façon isolée : pour les autres, les résultats seront noyés dans les notices de Worldcat (il ne sera pas possible de restreindre la recherche à OIAster uniquement) : ce n'est pas très propice à la valorisation des contenus récoltés via OAIster. Certes, OCLC n'est pas une association philanthropique, et il est logique qu'elle cherche à faire bénéficier d'un "service plus" ses abonnés, mais sur ce coup là je trouve qu'en terme d'image et de service rendu, EBSCO (une autre entreprise commerciale) s'en sort beaucoup mieux lorsqu'elle met à la disposition de tous des bases comme LISTA ou Teacher Reference Center ou GreenFile.

Les explications de Roy Tennant (qui travaille chez OCLC) : The Straight Dope on OAIster et Clarification on OCLC/OAIster Transfer

[photo : feetwet]

 

26.08.2009

Open access : juste fais-le

3836955294_28192ca3df_m.jpgVous avez au cours des derniers mois produit un article publié dans une revue professionnelle : savez-vous que certaines d'entre elles autorisent l'auto-archivage des articles par leurs auteurs dans les dépôts électroniques de leur choix ?

Alors pourquoi ne pas déposer une version de vos articles sur E-LIS, l'archive ouverte en sciences de l'information et des bibliothèques ?

Une visibilité internationale, des urls pérennes, des métadonnées de qualité, des statistiques d'utilisation détaillées : voilà quelques uns des avantages, à déposer sur E-LIS, en plus d'oeuvrer ainsi concrètement pour le libre accès, en participant à la dissémination la plus large de l'information dans le domaine des SIB...

Le dépôt ne prend pas plus de 10 minutes, laissez-vous guider par la démo en version flash : http://eprints.rclis.org/subsmission_flash.html ou en version gif animé : http://eprints.rclis.org/Subsmission_gif.html

Pour vous enregistrer, c'est par là : http://eprints.rclis.org/perl/register

Vous pouvez également être informés des nouveaux documents déposés en vous abonnant au fil RSS de la base, ou à son compte Twitter ; il y a aussi un groupe Facebook.

*Disclaimer : je suis éditrice E-LIS pour la France ;-)*

[Photo : vieux bandit]

17.07.2009

Résultats de l'enquête du CREST

3694137894_c359cae3d9_m.jpgLe Comité de la Recherche Scientifique et Technique (CREST) a été chargé par la Commission Européenne d'enquêter auprès des membres de l'UE sur l'accès à l'Information Scientifique et Technique à l'ère numérique. Les résultats de l'enquête mettent en lumière les éléments suivants :

1) Malgré une augmentation des initiatives menées par les universités, les bibliothèques et les organismes financeurs, très peu de stratégies nationales ont émergé sur les problématiques d'accès, de diffusion et de conservation de l'IST. D'où une grande méconnaissance des possibilités d'auto-archivage par les chercheurs, un investissement minime desdits chercheurs dans la diffusion (qui ne représente qu'entre 1 et 10% de l'activité de recherche), des taux de TVA pénalisants dans certains pays (elle est toutefois remboursée aux bibliothèques

2) De nombreuses déclarations, prises de positions et initiatives nationales et multi-nationales existent, mais il n'y a toujours pas de politiques nationales claires et fortes sur les questions liées à l'IST, notamment sur l'Open Access.

3) Dans la plupart des pays les questions d'archivage pérenne se sont focalisées sur le patrimoine culturel, et pas suffisamment sur le patrimoine scientifique, d'où une faible sensibilisation des chercheurs aux enjeux de la conservation de leurs travaux sur le long terme.

Le comité préconise :

- La mise en place de stratégies nationales claires et cohérentes pour l'accès et la diffusion de l'IST, qui faciliteraient une coordination européenne. Elles devraient prendre en compte les questions d'Open Access, de copyright, de diffusion des résultats de la recherche, de TVA sur l'électronique, d'archives ouvertes et d'interopérabilité.

- L'amélioration de la coordination des politiques d'accès et de diffusion, afin de traiter des points tels que l'Open Access, les négociations avec les acteurs commerciaux de l'édition (plus de transparence sur les "big deals" et des clauses favorisant le libre accès), l'interopérabilité des archives ouvertes.

- L'extension des stratégies de conservation nationales existantes au domaine spécifique de l'IST, qui passe par une nécessaire prise de conscience des chercheurs.

[photo : Stephan Geyer]

05.05.2009

CR JEAO : OK

2335951990_f637573547_t.jpgJuste pour signaler que les présentations, les enregistrements sonores et les compte-rendus - rédigés par Daniel Bourrion et moi-même - des journées sur les archives ouvertes du consortium Couperin sont en ligne sur le blog de la manifestation.

[photo : ricardipus]

31.03.2009

Couperin m'invite !

muppet-show.jpgJ'ai déjà parlé des journées d'études sur les archives ouvertes organisées par Couperin les 2 et 3 avril, il me semble. Ce que je n'ai pas dit, c'est que Jean-François Lutz, coordinateur de la manifestation, m'a gentiment conviée à venir blogguer ces journées, en bonne compagnie qui plus est... Amis bloggueurs et twitters qui serez sur place, vous êtes invités à utiliser #jeao09 pour tagguer vos posts et autres commentaires. Amis lecteurs tout court, passez donc nous dire un petit bonjour ! :-)

18.03.2009

Une archive ou des archives ?

3383421100_3aab318def_m.jpgIntéressants posts (1, 2) que ceux de John Mark Ockerbloom sur Everybody's libraries, qui défend l'intérêt d'avoir plusieurs archives ouvertes au sein d'une même institution : d'une part une (ou plusieurs) archives pour stocker les documents numériques produits par la bibliothèque (typiquement, les collections numérisées, textes ou photos) - l'archive est alors un "simple" espace de stockage, qui doit permettre des traitements techniques, des opérations de masse, la mise à disposition et l'accès étant assurés par une couche logicielle spécifique. D'autre part une archive institutionnelle, alimentée par les chercheurs - une vitrine pour valoriser leur travail, qui doit proposer un éventail de services (statistiques de consultation, interface agréable, outil de saisie simple d'accès).
Dans le second post, il liste les fonctionnalités de base nécessaires pour une AO, parmi lesquels j'ai noté :
- un workflow de dépôt efficace et convivial
- un module de conversion en pdf
- un outil de gestion du workflow de publication dans une revue (pour gérer ses propres revues)
- un module d'alimentation automatique d'une archive à une autre (je dépose dans Hal, et mon dépôt est transféré dans ArXiv par exemple)
- des URI pour garantir la pérennité des accès aux documents
- l'utilisation de standards compréhensibles par les moteurs de recherche
- et bien sûr, des fils rss ;-)
[photo : shadowfall]

09.05.2008

25ème position

bfd6e0d564df1b859b2e7c997da932fb.jpgNon, il ne s'agit pas du classement de mon blog sur wikio (qui s'est considérablement amélioré, soit dit en passant, depuis qu'il est passé de la catégorie "Divers" à la catégorie "Science", mais ça fera sans doute l'objet d'un autre post).
25ème, entre la Grèce et l'Autriche, c'est la place de la France dans la liste des pays représentés sur E-LIS, l'archive ouverte internationale en sciences de l'information et des bibliothèques. Il s'agit du classement en fonction des statistiques de consultation : si l'on se base sur le nombre de documents déposés, la France est également au 25ème rang, cette fois entre l'Iran et les Pays-Bas.
Pour tenter de remédier à cette situation intolérable ;-)), mais surtout pour aider à sensibiliser ma communauté professionnelle aux archives ouvertes et au libre accès en général, et accessoirement pour avoir une première expérience de ce type de tâches, qui devraient émerger dans les profils de postes dans les temps qui viennent, j'ai accepté le rôle d'éditeur pour la France sur E-LIS.
Concrètement ça veut dire 1) Editer les documents avant diffusion : vérifier puis valider les métadonnées, et 2) Promouvoir l'archive et sensibiliser les déposants potentiels aux enjeux du libre accès pour la diffusion des connaissances.
Bref vous risquez d'en entendre parler ici de temps en temps...

14.02.2008

Classement des AO

4328edce58cdd3b394a7c6a1a136c92a.jpgL'autre classement des universités (Webometrics ranking of world universities) propose un classement des archives ouvertes : sans surprise Arxiv est à la première place, suivi de RepEc, E-LIS est 3ème, et il y a même une archive française dans le top 10, celle de l'INRIA (Hal-Inria). Fait curieux, nulle part dans ce classement apparaît HAL tout court - ce qui peut sembler troublant pour une archive censée assurer la visibilité de la recherche française - alors que plusieurs de ses "avatars" sont listés (ArchiveSIC, MemSIC par exemple).
Les critères de sélection sont : la visibilité (les liens vers l'archive), la taille (le nombre de pages web), les fichiers enrichis (pdf, ps, doc, ppt) et la présence dans Google Scholar.
[photo : timo]

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